Arthur Rimbaud – Benjamin Britten

Rimbaud est parmi les poètes ce que les poètes sont parmi la foule : un météore improbable. Les illuminations, son dernier texte connu, dépasse toutes les catégories vers un ailleurs à la fois inaccessible et proche, comme si le dire poétique faisait flamber les mots de la langue en une explosion qui ne laisserait rien derrière elle. L’utopie poétique consiste ainsi à vouloir faire entendre un au-delà musical du langage qui en est aussi la limite destructrice.

[…] Donc le poète est vraiment voleur de feu.
– Il est chargé de l’humanité, des animaux même ; il devra faire sentir, palper, écouter ses inventions. Si ce qu’il rapporte de là-bas a forme, il donne forme ; si c’est informe, il donne de l’informe. Trouver une langue ; – Du reste, toute parole étant idée, le temps d’un langage universel viendra ! Il faut être académicien, plus mort qu’un fossile, – pour parfaire un dictionnaire, de quelque langue que ce soit. Des faibles se mettraient à penser sur la première lettre de l’alphabet, qui pourraient vite ruer dans la folie ! – Cette langue sera de l’âme pour l’âme, résumant tout, parfums, sons, couleurs, de la pensée accrochant la pensée et tirant. Le poète définirait la quantité d’inconnu s’éveillant en son temps, dans l’âme universelle : il donnerait plus que la formule de sa pensée, que l’annotation de sa marche au Progrès ! Énormité devenant norme absorbée par tous, il serait vraiment un multiplicateur de progrès !

Arthur Rimbaud Lettre du voyant [Extrait de Lettre à Paul Demeny] Charleville, 1871

les

Invités

Samedi 03 Septembre

de 16:00 à 17:15

Dans:

Entrée 14€
Abonnés 10€
Enfants et -26 ans 8€

La cour de l’Évêché

Située sur une place à l’arrière de la Cathédrale, la résidence de…

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