Que pensez-vous de l’adaptation de Mariage de plaisir ?

La lecture était formidable, le découpage fantastique et très bien fait. Ils ont sacrifié un personnage très important, mais le résultat est très réussi. J’ai apprécié la complicité entre les deux musiciens et le comédien. L’accompagnement musical était très inspiré et le comédien prononçait bien les noms arabes. Et la vieille chapelle de l’Hôpital Notre-Dame à la Rose est un endroit magnifique !

Comment avez-vous construit votre récit ?

Je suis parti d’un constat fait dans les années 90, quand des jeunes subsahariens candidats à l’immigration restaient coincés au Maroc et qu’il y avait beaucoup plus de morts dans le Détroit de Gibraltar. Je me suis aussi souvenu d’un oncle qui, quand j’avais 5 ans, avait ramené deux esclaves noires dont il avait eu des enfants. Le rôle de l’écrivain est de dénoncer. Je ne suis pas très optimiste et le racisme des Marocains a toujours existé.

Le mariage de plaisir est-il toujours une réalité ?

C’est une pratique toujours courante, surtout en Iran et en Arabie Saoudite. C’est un peu comme une polygamie temporaire, malheureusement autorisée dans l’Islam. Elle date du 7e siècle, dans un contexte où il y avait beaucoup de longs voyages. Aujourd’hui, un vrai Musulman ne devrait pas le faire, parce que c’est l’exploitation de la femme comme objet sexuel. Dans tous les pays musulmans, une partie de la loi est issue de l’Islam. En matière de mariage et de succession, surtout. Personne n’ose y toucher, c’est tabou. Rien n’empêche un père de prévoir, par écrit, un partage différent de celui que prévoit le Coran, mais s’il n’a rien prévu, c’est le Coran qui s’impose.

Propos recueillis par Caroline Dunski

 

Nadine Eghels, directrice de production de l’association parisienne Textes & Voix, a adapté le texte Mariage de plaisir pour en faire la lecture romanesque musicale.

« Il ne s’agit jamais d’un résumé du livre. Je prends le début et garde le fil narratif, mais je laisse la suite ouverte. Surtout si la lecture se fait en présence de l’auteur, pour que les spectateurs puissent lui poser des questions. »

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