Une interprétation du mythe de Sisyphe selon Albert Camus.

Les vacances sont finies. Ne croyez pas ceux qui les regrettent. Ce sont soit des imposteurs, soit des enfants, soit des masochistes.

Comment regretter l’accablant congé qui impose au vacancier de faire ses valises pour en remplir le coffre d’une voiture trop petite, et de prendre la route au péril de sa vie pour échouer sur une plage bondée, où l’attendent l’ennui et la promiscuité ?  Le vacancier, tel un Sisyphe en crème solaire, est un héros du mois qui porte ses fardeaux jusqu’au sommet d’un monticule, avant de renouer, cinq semaines plus tard, avec les habitudes qu’il a voulu suspendre. Entre temps, il s’est ennuyé. Il a vécu l’enfer oisif, expérimenté l’avant-goût de la retraite qui, elle-même, est un avant-goût de la mort… Mais, bizarrement, l’année suivante, il recommencera.

Extrait du « Mythe de Sisyphe » d’Albert Camus:

 Les dieux avaient condamné Sisyphe  à rouler sans cesse un rocher jusqu’au sommet d’une montagne d’où la pierre retombait de son propre poids. Ils avaient pensé avec quelque raison qu’il n’est pas de punition plus terrible  que le travail inutile et sans espoir. (…) 

Sisyphe est le héros de l’absurde, autant par ses passions que par son tourment. Son mépris des dieux, sa haine de la mort et sa passion pour la vie, lui ont valu ce supplice indicible où tout l’être s’emploie à ne rien achever. C’est le prix qu’il faut payer pour les passions sur cette terre. (…) 

Si ce mythe est tragique, c’est que le héros est conscient. Où serait en effet sa peine si, à chaque pas, l’espoir de réussir le soutenait ? L’ouvrier d’aujourd’hui travaille, tous les jours de sa vie, aux mêmes tâches et ce destin n’est pas moins absurde. Mais il est tragique aux rares moments où il devient conscient. 

les

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Samedi 29 Août

de 17:30 à 18:45

Entrée 14€

La Place de l’Évêché

Lieu privilégié du festival, cette place prolonge la nef restaurée de la…

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