EN – The Guest – Should prisoners be brought to justice or set free? Camus reflects on justice, solitude and morality.

 

Spectacle créé dans le cadre de la résidence artistique de Jordi Savall à la Saline royale d’Arc-et-Senans.  

Un projet co-développé par la Fondation CIMA, la Saline royale d’Arc-et-Senans, Coop’agir et ICORN.

Avec le soutien de la Commission européenne dans le cadre du programme Europe Créative, des Edmond de Rothschild Foundations et de la Fondation Orange.

 

Les musiciens réfugiés de l’Ensemble Orphéus XXI nous livrent un concert unique autour de la nouvelle L’Hôte extraite du recueil L’Exil et le Royaume (mars 1957- Folio), dernier des grands livres d’Albert Camus publié de son vivant.
La nouvelle met en scène trois personnages dont Daru, jeune instituteur né en Algérie qui se voit confier la mission de livrer un prisonnier à la justice. On trouve, au-delà de la solitude du personnage et du cas de conscience qui se pose à lui, toute la problématique camusienne sur le choix, l’engagement, la morale et la justice.

Une projection de dessins de la bande dessinée L’Hôte de Jacques Ferrandez rythme l’ensemble scénique.

> EXTRAIT DE L’HÔTE :
Dans la nuit, le vent grandit. Les poules s’agitèrent un peu, puis se turent. Le prisonnier arabe se retourna sur le côté, présentant le dos à Daru et celui-ci crût l’entendre gémir. Il guetta ensuite sa respiration, devenue plus forte que régulière. Il écoutait ce souffle si proche et rêvait sans pouvoir s’endormir. Dans la chambre où, depuis un an, il dormait seul cette présence le gênait. Mais elle le gênait aussi parce qu’elle lui imposait une sorte de fraternité qu’il refusait dans les circonstances présentes et qu’il connaissait bien : les hommes qui partagent les mêmes chambres, qu’ils soient soldats ou prisonniers, contractent un lien étrange, comme si, leurs armures quittées avec leurs vêtements, ils se rejoignaient chaque soir, par-dessus leurs différences, dans la vieille communauté du songe et de la fatigue.

COMMENTAIRE DE BOUALEM SANSAL :
Tout est dit dans cette étrange et courte nouvelle de L’Hôte. Dans un monde d’une beauté déchirante – ici, dans les Hauts Plateaux (algériens)…- surgit le drame. Un crime a été commis là-bas, en bas, dans la plaine où la vie se débat avec elle-même. Il est des crimes de maraudeurs et des crimes d’honneur, mais celui-ci était un crime annonciateur de guerre civile, de violence généralisée, de génocides, de charniers, de jouissances et de réjouissances macabres. La méchanceté des hommes, leur sale méchanceté, leurs haines inlassables, leur folie du sang était à l’œuvre.
Et voilà que là-haut, sur la colline, sous un ciel inaltérable qui déversait sa lumière sèche sur l’étendue solitaire où rien ne rappelait l’homme, naît la fraternité qui commence aussitôt à tisser sa prodigieuse intrigue.

Extrait de la préface ‘L’homme de la colline’ de l’édition adaptée en bande dessinée L’Hôte, de Jacques Ferrandez (Gallimard)

les

Invités

Jean-François Ferrandez vidéo

en

Partenariat avec

Samedi 31 Août

de 21:00 à 22:30

Dans:

Entrée : 20 €
Prix Pass : 16 €
Enfants et – de 30 ans : 8€

La Cathédrale Notre-Dame de Tournai

Écrin du festival Classée patrimoine mondial de l’UNESCO, la Cathédrale Notre-Dame de…

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