Les [Rencontres] Inattendues est un festival basé sur la création. Savant métissage de musiques associées à la philosophie, dans un esprit de rencontre et de tolérance favorisant le dialogue et les échanges interculturels entre Orient et Occident, le festival se déroule chaque année dans des lieux patrimoniaux d’exception, scénographiés, qui font l’âme de Tournai. Trois composantes majeures de Tournai : la musique (ses festivals, ses ensembles musicaux, son conservatoire royal de musique), le patrimoine architectural exceptionnel (dont deux reconnaissances à l’UNESCO) et la pensée (les racines historiques) sont les ingrédients qui fondent le Festival [Rencontres] Inattendues.

Le festival s’adresse à un public large et curieux en proposant plus d’une vingtaine de prestations et créations exclusives, dont des cafés-philo, un grand pique-nique philo-musical, le tout dans une ambiance conviviale.

Il se déroule chaque année, le premier week end de septembre du vendredi au dimanche. Depuis l’édition 2015, il commence quelques jours en amont de l’inauguration du vendredi et s’ouvre à des ateliers et répétitions en journée.

Un festival inédit en Europe…
Des créations exclusives et des rencontres inoubliables
Musiciens, chanteurs, philosophes, romanciers, comédiens
30 spectacles, créations et rencontres dans des lieux patrimoniaux scénographiés
10 000 spectateurs en 2019

 

Édito 2021

Qui sommes-nous ?

Qui sommes-nous ? La question, aujourd’hui, a pris une urgence nouvelle.

Qu’il s’agisse de notre identité sociale, sexuelle, politique, raciale, nationale, familiale, ou tout simplement individuelle, nous sommes confrontés à un nombre toujours plus grand d’injonctions à dire qu’il l’on est et d’où l’on parle.

Certaines de ces injonctions visent à équiper les combats en faveur d’un futur plus juste et plus égal ; d’autres, au contraire, à policer les comportements des individus.

Mais toutes reposent sur la même hypothèse : que nous ne sommes que la totalité des traits, des qualités, des particularités, des spécificités, qui nous rattachent à tel ou tel groupe, à telle ou telle histoire, à tel ou tel lieu.

A la réponse « Qui sommes-nous ? », il est attendu que nous répondions par une longue liste d’adjectifs qui, parce qu’elle définirait ce à quoi nous appartenons, serait supposée définir aussi ce que nous serions. Genre, race, classe, origine, parcours composeraient notre véritable carte d’identité – toujours susceptible d’être contrôlée par les autorités en charge du respect de la place de chacun à l’intérieur de l’ordre du monde. De ce contrôle, beaucoup dépend, jusqu’à la simple possibilité d’être pris au sérieux, d’être écouté ou de pouvoir agir.

Pourtant, pendant longtemps, la question de savoir qui nous sommes a été considérée avec méfiance – de même que ceux qui prétendaient s’en soucier. La philosophie, après des siècles de doctes considérations sur l’être, avait même fini par décider que, de ce que nous sommes, nous ne pouvons pas savoir grand-chose. Quant à la psychanalyse, les neurosciences, l’anthropologie, la linguistique, elles avaient remis en doute jusqu’à l’idée d’identité, considérée comme une fiction dissimulant le plus souvent l’imposition d’un pouvoir – voire une illusion que seuls les fous pourraient nourrir. Qu’est-ce qui explique, alors, que, de nos jours, le discours de l’identité opère un tel retour, et ce sur les fronts les plus divers ? Comment se fait-il que, des nationalismes les plus fermés aux mouvements d’émancipation les plus soucieux de justice, la réponse à la question « Qui êtes-vous ? » constitue l’étape préliminaire à toute discussion ? Du reste, de quelle identité s’agit-il – ou de quelles identités au pluriel ? De quelles communautés, de quelles singularités ? Que cherchent-elles à rendre possible – ou impossible ? Quels sont les espoirs et les risques attachés à leur retour ? 

Pour cette nouvelle édition, Les Inattendues partiront donc à la recherche d’une carte possible des identités contemporaines – une carte qui sera aussi un manuel d’utilisation à l’heure où toutes les querelles, tous les conflits, semblent désormais avoir pris le visage de guerres d’identités – ou de luttes pour leur reconnaissance. 

 

Laurent de Sutter, commissaire des [rencontres] Inattendues.

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