Depuis les grands mythes héroïques des Grecs jusqu’aux grands héros révolutionnaires et militaires de la modernité, l’Histoire humaine a longtemps semblé indissociable de la figure du héros, ce surhomme dans laquelle une collectivité incarne les valeurs qui la rassemblent.
Qu’en est-il, aujourd’hui ? Au sortir d’un XXe siècle où la figure du sacrifice a fait des ravages et alors que le terrorisme et la figure mortifère du kamikaze sont de retour dans l’actualité, nous ne disposons plus de modèles institués pour penser l’héroïsme. Nous n’avons plus en tête que des singularités : celle de ce jeune policier qui prend le risque de perdre sa vie en sauvant celle des autres ou celle de ce proche d’une victime qui refuse de se laisser contaminer par le ressentiment et la haine.
Le nouvel héroïsme de notre temps serait-il ce risque assumé par un individu dans une situation indécise de mettre en jeu sa vie? Le philosophe et psychologue Boris Cyrulnik, concepteur de l’idée de résilience, affrontera la question avec le dramaturge Ismaël Saidi, engagé contre le fanatisme terroriste, et la philosophe Cynthia Fleury, qui a renouvelé la question du courage en démocratie.