Un événement musical et chorégraphique avec projections structuré en dix commencements, par le compositeur Dick van der Harst, à partir de textes inédits du philosophe Michel Serres. Préparez-vous à une alternance d’explosions musicales, de séquences virtuoses et de moments apaisés en compagnie de plus de 20 artistes.
Cette nouvelle œuvre du compositeur et multi-instrumentiste Dick van der Harst, à partir d’une réflexion philosophique sur l’évolution de l’univers : le Big Bang, avec tout ce qui en a découlé, nous entraîne-t-il vers un nouveau BIG BANG, avec tout ce qui s’ensuivra ? Est-ce que tout recommencera, comme un reflet dans un miroir ? Dick van der Harst mène sa quête en compagnie du professeur Freddy Decreus et de l’éminent philosophe français Michel Serres, spécialiste de l’histoire des sciences, qui a écrit pour ce projet le texte Les Dix Commencements.
Le compositeur, d’origine néerlandaise, fusionne les traditions musicales les plus éclectiques. Dans l’ambitieux spectacle L’Histoire du Monde en deux Heures, il allie traditions bretonnes et javanaises entouré de plus d’une vingtaine de musiciens, chanteuses et danseuses.
LE BIG BANG
Nous supposons un Big Bang initial, mais aucune science physique ne peut ni ne sait pénétrer au sein de ce commencement, dont nous déplorons aussi la nature contradictoire, puisque nous nous demandons perpétuellement ce qui se passait avant.
Cependant, il existe un rayonnement dit cosmologique qui semble montrer que l’abbé Lemaître avait raison lorsqu’il parlait de cet atome primitif dont se moqua Fred Hoyle en l’appelant avec une ironie jalouse Big Bang. L’histoire du savoir garda le mot méchant.
L’événement eut lieu, mais il n’y avait pas de lieu ; il y a longtemps, mais il n’y avait pas de temps : voici quinze milliards d’années. Ce fut sans doute un bruit à casser les oreilles ; mais il n’y avait ni oreille ni crécelle. Cela venait d’un point d’une densité telle qu’il devait peser infiniment ; mais il n’y avait pas de balance. Il explosa dans une lumière aveuglante ; mais il n’y avait ni chandelle ni regard.
Nous ne savons pas s’il commença le temps, car il n’y avait ni sablier ni horloge. Comme ce point s’expansait, cette détente dut inventer l’espace, mais il n’y en avait aucune métrique possible.
Big Bang : quelle musique peut reproduire ce commencement géant, cette explosion, ce Bang ?
Michel Serres
Extrait du texte inédit Les dix commencements