Les minorités seront-elles les ferments d’une citoyenneté moderne ?
Alors que durant des siècles, l’Occident s’est construit sur un modèle monolithique chrétien, l’Orient arabe se signalait par une incroyable diversité culturelle et cultuelle héritée d’une longue et complexe sédimentation historique. Sans idéaliser outre mesure un passé qui eut aussi ses douloureuses parts d’ombres, le Proche-Orient d’hier était bien plus ouvert à la différence que l’Europe médiévale.
Alors qu’aujourd’hui l’Occident est devenu résolument pluriel, l’Orient semble au contraire en proie à une volonté d’uniformisation idéologique et religieuse qui ne consent plus de place aux minorités ne s’y conformant pas, que ce soit dans l’espace arabo-musulman ou dans l’État « juif » d’Israël.
Le respect du fait minoritaire est pourtant, dans le monde d’aujourd’hui, un des défis que doit relever la modernité, en l’articulant sainement à la logique majoritaire de la démocratie sans pour autant concéder quoi que ce soit aux dérives communautaristes.
La résilience des minorités culturelles dans le Proche-Orient contemporain serait-elle une des conditions de la nécessaire (re)construction de la citoyenneté dans ces pays meurtris par les appétits postcoloniaux, les dictatures prédatrices, les idéologies totalisantes et les conflits qu’elles ont générés ?