En consultations, le travail est devenu un motif de plaintes à part entière, s’exprimant sous différentes expressions (“J’ai mal à mon travail”, “ce n’est plus possible de bien travailler alors que j’aime bien mon travail ») se répercutant sous différentes manifestations dans le corps (« j’ai mal partout ») mais prenant surtout différentes voies dans le vécu psychique : « je ne me reconnais plus ».
Tout cela est-il nouveau ? N’a-t-on pas toujours souffert au travail ? Le travail n’a-t-il pas toujours été associé à une certaine souffrance du fait de l’effort qu’il impliquait nécessairement ? Pourquoi, avant, le travail valait-il la peine ? Quels étaient in fine les ressorts qui permettaient, semble-t-il, de sublimer cette peine en source de satisfaction, voire de plaisir ?
Qu’est-ce qui a changé ? Ne serait-ce pas le travail qui est devenu malade et rendrait malade, par mimétisme ? Aujourd’hui, en érigeant le burn-out comme emblème générique de la souffrance au travail, tel un mot valise, le risque est de banaliser, par dilution et dispersion, ces nouvelles plaintes, le plus souvent très intimes, qui dénoncent ce qui «ne va pas au travail » et qui n’est pas normal.
Lors de cette conférence en partenariat avec le Centre Hospitalier de la Wallonie picarde (Chwapi), Pierre Firket, est accompagné par Charles Michiels, qui proposera des instants musicaux extraits de son nouveau projet «Clarinettes augmentées». Les spectateur·rices découvrent également les œuvres de Fred Dedeycker présentées à l’occasion de cette rencontre