Après une ouverture musicale, Coline Dutilleul lit le texte retenu que chaque participant·e reçoit. Carole Widmaier explique le contexte de l’extrait lu, puis engage les échanges avec les festivalier·ères pour en décoder le sens.
Le « désir de se débarrasser de la politique », que Hannah Arendt observait avec inquiétude chez ses contemporains, est aussi une réalité de notre temps. Face à l’incertitude des affaires humaines, mais aussi face aux dynamiques géopolitiques, économiques, technologiques qui nous déterminent et sur lesquelles nous n’avons que peu de prise, quel espace reste-t-il pour la liberté ? Comment envisager les conditions pour se positionner dans le monde et agir ? se demande la philosophe Carole Widmaier.
La lecture qu’elle nous propose, accompagnée par le violoncelle de Silvia Lenzi, est un extrait de l’ouvrage Condition de l’homme moderne, publié en 1958. Arendt s’y intéresse à l’une des formes que prend notre évitement de l’action collective et de la participation démocratique : la croyance en l’homme fort. Hantée par le souvenir et la réalité des totalitarismes, et mue par l’exigence de « penser ce qui nous arrive », elle nous met en garde contre l’extrême danger d’un abandon de l’action et du jugement à ceux qui n’ont aucun « souci du monde » et souhaitent le transformer à leur guise.