La poésie de Laurence Vielle parle du monde qui va comme il va, avec les mots de Marguerite Duras. « J’ai perdu la terre docteur, c’est grave ? J’ai perdu la terre, j’ai perdu le ciel. Est-ce que vous m’entendez ? » Elles remuent, elles bouleversent, ces deux voix-là qui tentent de trouver une issue au chaos du monde.
Dans les textes de Laurence Vielle, iel est toutes les filles et tous les garçons du monde, iel danserait bien une danse en silence sans frontières sans barrières. Et Marguerite Duras de lui répond de sa voix reconnaissable entre toutes : « Que le monde aille à sa perte, c’est la seule politique. Plus la peine de nous faire le cinéma du cinéma. On ne croit plus rien. »
Un truc comme ça, c’est aussi un chant profond, un voyage libératoire où la batterie de Michel Debrulle se mêle à la basse de Louis Frères et aux guitares de Teuk Henri pour ébranler nos carcasses. La complicité des trois musiciens et de l’ingénieuse du son, à l’écoute de la parole de Laurence Vielle, nous fait traverser des univers musicaux divers, pop, jazz, noise, tribal, tandis que celle-ci clame encore « qu’il nous reste le poème à la bouche comme une fleur entre les dents, et que nos yeux, oui nos yeux brillent d’un espoir insensé »